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26.03.2007

la question "trans"

Peut-on encore, aujourd’hui, ignorer la déstabilisation des ordres liés aux sexes, aux sexualités et aux genres ?

Revisitées, ces notions trouvent leurs répercussions dans des questionnements sociaux, politiques et même juridiques. Ainsi, l’opposition binaire des sexes pose un certain nombre de questions, devenant même un obstacle à l’exercice de nombreux droits, notamment pour les groupes qui en sont directement victime, comme les transsexuels ou les homosexuels. Alors que pour ces derniers, ces droits sont d’ordre privé ; pour les transsexuels, c’est leur existence civile même qui se trouve mise en cause.
Définie comme, la situation dans laquelle une personne a la conviction profonde et intime qu’elle possède une identité de genre à l’opposé du sexe anatomique présent à la naissance, le transsexualisme illustre l’évolution et la remise en cause des questions liées aux genres dans les sciences humaines, de la sociologie à la psychologie, en passant par l’ethnologie ou l’histoire.


Illustration parfaite des questionnements actuels liés aux genres, aux sexes, et a la sexualité, les notions de transgenre, ou/et de transsexualité nécessitent d’être spécifiées. Ainsi, nous nous pencherons à la fois sur des définitions puis des théories multidisciplinaires pour baliser notre réflexion sur la question « trans ».

A- LE TRANSSEXUALISME : TENTATIVE DEDEFINITION


Longtemps relié à une maladie mentale, le transsexualisme est aujourd’hui, du moins pour une part, libéré de cette notion stigmatisante. Mais depuis le cas « princeps » de George/Christine Jorgensen, et depuis la création du concept de transsexualisme par Harry Benjamin en 53, les études ont impulsées une redéfinition de cette notion. Cependant, l’actuel « trouble de l’identité sexuelle » possède toujours une connotation pathologisante. Plus précisément, ne s’agirait-il pas plutôt de développer l’idée d’une discordance entre l’identité de genre et l identité sexuelle ?
Le transsexualisme se définit alors comme : la situation dans laquelle une personne a la conviction qu'elle est du genre sexuel opposé à celui qui lui a été assigné, à sa naissance, en fonction de l'apparence de ses organes sexuels externes. Le terme « transsexualisme » est parfois préféré à celui de « transsexualité » pour cause d'une trop forte ressemblance avec des termes liés à la sexualité, homosexuelle comme hétérosexuelle, et pour souligner l’absence d’incidence du transsexualisme sur l'orientation sexuelle, à l’inverse de nombreux préjugés sur cette question.
On parle parfois aussi, plus globalement, de transgenre pour désigner la situation d'un individu dont l'identité sexuelle est en conflit avec celle traditionnellement attribuée aux personnes de même sexe. Mais cette utilisation du mot « transgenre » est trompeuse, car il est aussi utilisé pour désigner des personnes qui sont dans une dynamique très différente de celles des personnes transsexuelles, à savoir celle de personnes qui n'entreprennent pas d'opération de réattribution de sexe. Peuvent ainsi se réclamer de la notion de « transgenre » des transsexuels, aussi bien que des travestis, des drag-queens ou drag-kings, des lesbiennes ou des gays ne se sentant pas à l’aise dans leur identité de genre.

B- LES DIFFERENTES APROCHES THEORIQUES


La question « trans » ne saurait être observée à l’aide unique d’une discipline. En effet, des sciences aussi diverses que complémentaires se sont penchées sur cette interrogation. Pour ne sélectionner que les principales, nous verrons quels mots posent la psychologie, la psychiatrie, l ethnologie et la sociologie sur la question « trans ».

1-une approche psychiatrique :

On trouve, dans les approches psychiatriques, 3 classifications : en France, celle de 1968 est toujours actuel, mais diffère des textes européens ou internationaux. En France, les théories psychiatriques reconnaissent la précocité et l’inébranlabilité de la conviction d’appartenance au sexe opposé. Aussi, ces approches reconnaissent-elles l’aspect indispensable du traitement hormonal, aujourd’hui, le mieux â même d’améliorer les conditions de la personnes traitée. Enfin, ces théories soulignent que la cause de perturbation de la différenciation sexuelle est inconnue.

Les textes européens insistent quant à eux sur le fait que « le trouble n est pas un symptôme d’un autre trouble mental tel qu’une schizophrénie». Quant aux textes internationaux, ils soulignent aussi les souffrances sociales et professionnelles.

2- une approche psychanalytique :

Selon certaines théories psychanalytiques, les transsexuels sont considérés comme psychotiques car ils ne sauraient pas organisés par le phallus et n’auraient pas élaboré le stade oedipien. C'est-à-dire que le « complexe d’oedipe » (processus de choix d’objets de désirs) et « le complexe de castration » (la conscience de la différenciation des sexes) n’aurait pas structurés les personnalités et les désirs. Dans certains écrits, les apports théoriques dévient malheureusement à la transphobie, comme le montre le livre de Jean Luc Swertvaegher « quand la théorie disqualifie les personnes transsexuelles » (98).

Deux autres domaines éclairent la question transsexuelle en psychanalyse : le stade prénatal et la contexte familial, tous deux développés, entre autre, par Claude Crépault dans son livre : « la sexoanalyse : à la recherche de l’inconscient sexuel » (97)

3- une approche sociologique :

Entre masculin et féminin, la sociologie a du redéfinir ses concepts : Ainsi, par exemple, des hommes androgynes ou des femmes androgynes flirtaient avec l’apparence du sexe opposé… A l’aune du principe de Simone de Beauvoir « on ne naît pas femme on le devient », la sociologie retraduit les notions de masculinité et de féminité, en fonction des contextes, des époques et des sociétés. Au-delà de ce renouveau théorique, se sont des champs d’études nouveaux qui éclosent : les revendications féministes, les questions gays et lesbiennes, les questions de genre, les questions sexuelles. Ainsi, les « gay studies », les « gender studies » ou les « queer studies », observent, par le prisme des genres, des sexualités ou des sexes, les comportements sociaux.

Dans cette effervescence, la question « trans » émerge quelquefois… malheureusement plus souvent sous formes de témoignages que de réflexions théoriques. Tout porte à croire que la sociologie est devancée, tout du moins sur la quantité de publication sur le sujet, par la psychologie et la psychanalyse.

4- une approche ethnopsychiatrique

Définie par Tobie Nathan comme une discipline observant tous les systèmes de thérapies, qu’ils se réclament savants ou bien produits par et pour des communautés (sociales, ethniques, religieuses), ce courant se propose alors de penser, de faire appel, aux observations et expériences étrangères notamment, en relativisant notre point de vue sur les objets étudiés.
C’est du coté des études et interrogations ethnologiques que se penche, entre autre, ce courrant : Maintes sociétés ont ainsi inclus un sexe tiers permettant d'intégrer les personnes homosexuelles et, souvent, aussi les personnes transsexuelles, transgenres, intersexuées, androgynes, etc.

Dans ces socialité non binaires (où il n existe pas de bipolarisation entre organes sexuels, sexualité et rôles sexuels telle que nous la connaissons) le sexe physique ne définit pas automatiquement le genre ni le rôle que prendra la personne devenue adulte.


C- REFLEXIONS SUR LA QUESTION TRANS.

Ces questions en soulèvent de nouvelles, qui, formulées dans le désordre, pourrons peut-être alimenter les réflexions autour de la notion de transsexualisme.

1- L’un des principaux questionnements, repose sur la notion de genre : il semblerait pertinent de définir les notion suivantes : « identités de genre » ; « identité de sexe ». On pourrait alors définir le premier terme comme étant la conviction intime d’un individu d’appartenir à tel ou tel genre. « L’identité de sexe » étant, elle, directement liée aux caractéristiques anatomiques. Ainsi, le genre comme « sexe social » ne saurait être confondu avec le sexe biologique.

2- Le second questionnement reprend la notion de « transgenre » : Alors que beaucoup de « transsexuel(le)s » désirent tenir à distance cette dimension sexuelle dans le processus de réassignation du sexe, pour souligner la différence entre genre et sexualité, nous sommes à même de se poser une question : Devons nous penser le/la transsexuel(le) opéré(e) dans le cadre normatif du genre, dans lequel il/elle est a nouveau intégré, ou, au contraire, devons nous penser les transsexuel(le)s comme des figures de la déstabilisation du système de genre par leur refus de l’assignation biologique du sexe ?

3- Le troisième axe de questionnement revient quant à lui sur le parcours transsexuel. Souvent analysé dans ses « causes », ou bien encore dans ses conséquences, le processus transsexuel mériterait d’être éclairé : des premières observations, au changement d’état civil, en passant par l’hormonothérapie et la chirurgie ; quelles sont les étapes, les difficultés, rencontrées au cours de ce changement ? (Sur ce point, la présence de transsexuelles au séminaire nous aidera très vraisemblablement à saisir toutes les complexités de ce processus)

4- L’avant dernier point repose sur les rapports de la « communauté » trans avec la communauté homosexuelle : entre dépendance et différences, comment placer le combat transsexuel par rapport au mouvement gay et lesbien ?

5- Enfin, il s’agirait peut être de comprendre le lien pervers et imposé qui lie les transsexuels avec le système psychothérapeutique : peuvent-ils (elles) s’en défaire pour obtenir une opération ? Quelles sont leurs revendications sur ce sujet ? Y’a-t-il homogénéité parmi les associations trans ?

Commentaires

Ca me la coupe !

Ecrit par : Nicolas J | 28.03.2007

lol

Ecrit par : roi bourdieusien | 28.03.2007

Vive TOUTES les sexualités, l'intolérance, ça suffit !
Non mais des fois !

Ecrit par : lløRān | 30.03.2007

mais la ranssexualité n est pas une sexualité!

Ecrit par : roi bourdieusien | 31.03.2007