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04.07.2006

sociologie de la violence et de la délinquance :

Pillier central des discussions politiques et souvent même des enjeux électoraux, cette (ces) nouvelles questions, parce qu’elles font appel aux ressentis, aux peurs, ne sont pas traitées objectivement :
Quels sont les points fiables sur lesquels une sociologie de la violence peut se baser ? Quelles définitions devons nous garder ? Quelles analyses faire de ces phénomènes sociaux que l’on semble découvrir ?


Définitions et repères…

De manière simple, nous pourrions dire que la délinquance est liée à tous faits hors du droit et que la violence comporte une dimension physique (l’aspect symbolique étant difficilement identifiable juridiquement)…

Pourquoi semblons nous, soudainement, découvrir ce problème ? Nos rues sont-elles vraiment moins sures que les faubourgs du début du siècle, que les bidonvilles d’après guerre ? Ou est-ce la visibilité de ces phénomène, le désenclavement (notamment par l’intervention médiatique) de ces faits, par leurs « proximité » (ne serait-ce que médiatisée, débattue) qui nous poussent vers eux ?
Le modèle d’intégration est-il arrivé a son stade ultime de pourrissement pour que ces faits soient discutés aujourd’hui ou existe-t-il d’autres ressorts ?

-premièrement nous ne pouvons nier l’effet médiatique, audimatique, que produisent ces faits… de plus ils procurent des alibis de campagnes ou de slogans chocs, récupérés politiquement…
-deuxièmement, depuis les années 70, c'est-à-dire dès la désillusion des grands ensembles, des cités (et ceci directement lié a un phénomène de crise économique) les violences, notamment visibles, c'est-à-dire repérables, se concentrent dans ces zones périurbaines, où l’image de l’immigré va se lier a celle du délinquant, c'est-à-dire aussi, a une marque repérable (la couleur de peau, le lieu de résidence) d’un potentiel délinquant…
-troisièmement il s’agit aussi de considérer les chiffres : la hausse des lois restrictives (notamment liées aux insultes), la meilleure prise en compte des plaintes, la hausse des effectifs pourrait expliquer ces chiffres, récupérés, signalés, manipulés… manipulés, car des lois comme celles sur les stupéfiants ont augmentés de 300% en quelques années avec de nouvelles lois… (D’après les cahiers français n° 326)

Il n’en reste que les chiffres (notamment concernant la violence en milieu scolaire) augmentent (malheureusement dans des endroits ciblés) : comment les expliquer ?... existe-t-il des solutions ?

Tentative d’explication :

Différentes approches pourraient être menées, mais on se contentera (a moins que d’autres nous éclairent sur d’autres postures) d’en retiendra trois…

Le première posture est souvent plus philosophique que sociologique, et avouons le, plus de droite : elle s’inscrit dans une logique quasi naturaliste de la violence, comme s’il existait une prédisposition naturelle (et non sociale) a la délinquance (les extrêmes avoueraient même des prédispositions culturelles voir biologiques)… en ce sens la délinquance est un « non sens » dont les acteurs sont responsables…

Une seconde conception, plus dynamique, voit en la déviance un fait d’intégration déçue… (Dans une logique interactionniste) : pour cette voie, la société impose d’elle-même des buts, des objectifs (comme le succès, l’intégration, la richesse), mais la dotation en moyens pour y arriver n’étant pas égalitaire, les moins biens dotés détournent les moyens légaux pour y arriver… ainsi les violences de cet automne ne seraient que l’expression d’un ras le bol (non pas usurpé) mais bel et bien réel, après tentative d’intégration difficile, déçue… on notera dans cette perspective, le fait que, dans une zone délimitée, si tous les habitants, passent par ce même chemin d’échec, un « sous culture » apparaît, c'est-à-dire avec des codes en opposition avec la culture dominante les ayant exclus, des codes propres qui d’extérieur ne sont souvent pas traduits pour ce qu’ils sont, mais pour un simple défi a l’autorité.

Une troisième posture serait pour ainsi dire plus marxiste, plus matérialiste : il s’agit de prendre alors en considération la vie en cité (lorsque, comme le montre le livre « l’apartheid scolaire » une école de banlieue compte 80% d’enfants d’étrangers alors que l’école du quartier d’a coté n’en compte que 10%, et ce a cause des écoles évitées, délaissées, par les élèves ou les parents eux même)… et ce fait pourrait s’appliquer a tous les autres : la relégation des ces quartiers (économiquement, symboliquement, socialement, spatialement, culturellement…) expliquerait la délinquance…

Quelles solutions ?

Face a ces explications, qu’est ce qui parait le plus pertinent ? La loi ? La sanction ? La police ? L’éducation ? Le logis ?

De cette énumération je retiendrais (et cela n’engage que moi) 2points : premièrement, la ségrégation en tout point de ces zones urbaines est un frein indéniable a l’instauration de la non violence ; dans des quartiers ou la règle n’est plus celle des juges, celle des policiers, ou la vie même, dans ces conditions même, se différencie a tel point de la notre, que dans une même ville, nous vivons séparés…
Deuxièmement, il semble évident que l’économique engendre le social sur ces questions de discriminations, d’emplois, d’intégration professionnelle… L’ère Jospin a connu une baisse de tous les taux de chômages sauf en cité !... un mesure spécifique doit donc être adoptée, l’état doit en faire la promotion, notamment en montrant l’exemple et en ouvrant la fonction publique aux étrangers, et aux enfants de cité…
Si le logis et l’économique ne suffisent pas, et ils ne suffiraient pas, il semble évident que l’école a un rôle a jouer : dans ces cités ou les seules écoles sont techniques ou professionnelles en ZEP, ou l’école dans un ultime lieu républicain, est pris par les rites et codes de la cités, il faudrait, par un renouveau du logis, réhabiliter l’écoles, c’est a dire les cartes scolaires, les aides…
comme le titrait un magazine recent, la violence n'intervient-elle pas lorsque les mots manquent?

Sans programme politique convainquant ces question ne sauront être traitées…
Aucun parti, a mon sens ne semble s’y orienter…

Par :
Le roi bourdieusien

Commentaires

l'ajout de ce (long) texte, ne vous empeche pas de poser, aurélie ou fred, les commentaires que vous m'aviez dit sur la prison ou sur l'article du quai branly... ni même de poursuivre la discussion sur le système carcéral..

Ecrit par : roi bourdieusien | 04.07.2006

Au sujet des habitants de Zep qui ne trouvent pas de travail : j'ai trouvé une idée dans une interview de DSK qui me paraît à creuser. Au lieu de la création de zones franches en tant que territoires ou les entreprises s'installeraient en échange de baisses de charges (système qui ne fonctionne pas, les entreprises ne jouant pas le jeu : elles s'installent mais n'embauchent pas dans ces zones, elles font venir du personnel d'ailleurs, personnel qui est souvent déjà dans ces entreprises avant même l'installation dans ces zones, et profitent des baisses de charges), il parle de zones franches en tant que lieu d'habitation de l'employé, et ceci quel que soit l'endroit où l'entreprise est installée. C'est à dire que n'importe quelle entreprise profiterait de baisses de charges pour toute personne embauchée provenant de ces zones. L'idée me paraît bonne, qu'en pensez-vous ?
Fred

Ecrit par : Fred | 04.07.2006

cette idée a deja été appliquée...
le problèm est que les habitants de cité ne correspondent pas forcément aux demandes des entreprises qui usent des zones franches fiscales sans aider les populations qui y vivent....
je crois sincerement que c'est a l'état de donner l'exemple... en ce qui concerne l'emploi en cité (dans celle que j'ai analysé en sociologie, a bordeaux, le chômage atteingnait 40%...) je crois que le fermeture d'horizons professionnels, est principalement du a 4facteurs: premierement, un cloissonnement des horizons d'aides, de reseaux... (l'idée de gouvernement actuel, d'orgnaniser des tuteurs est alors une bonne idée a généraliser).
deuxiemement, ces habitants sont cloisonnés visuellement, spatialement: l'horizon de leurs balcon, donnant sur une autre tour, délimite, approximativement leur terrain d'action... le désenclavement de ces cité est donc indispensable, pour eviter un enfermement psychologique.
troisièmement, la concentrartion d'une population a problème, ayant le même ressenti d'echec, crée souevnt des cultures innapropriés a l'emploi car en rupture avec la société dans son ensemble... il faut donc casser ces ghettos et surtout mettre en priorité nationale leur emploi et leur logement...
c'est donc mon 4eme point: sans emploi et lieu convenable a la sortie de son emploi, ni la famille, ni les enfants ne peuvent s'épanouir...

je crois que la politique doit etre globale, aucun point pris indépendament ne saurait servir de remede...

Ecrit par : roi bourdieusien | 04.07.2006

Moi je trouve l'idée de Fred très bonne il suffit de faire s'installer des entreprises qui ont besoin d'une main-d'oeuvre faiblement qualifiée et que les éxonérations soient vraiment liées à l'embauche des habitants du quartier pour éviter les effets d'aubaine.

Ecrit par : Aurélie | 04.07.2006

en effet, sous ces condistions, et si la demande de travail de l'entreprise peut correspondre a la main d'oeuvre présente pourquoi pas...
encore faudrait-il assurer ces emplois sur un long terme, car un nouvel echec, apres plusieurs cdd notamment, surencherrit a la frustration...

Ecrit par : roi bourdieusien | 04.07.2006

je pense, et cela pourra peut etre faire le lien avec la note précédente sur le quai branly, qu'il faut aussi considérer la violence avec les mots ou les codes de ceux jugés délinquents... la norme dominante ne doit pas etre la seule traduction possible...

Ecrit par : roi bourdieusien | 04.07.2006

¤ Roi : ah, je ne savais pas que cette idée (qui n'est pas de moi, Aurélie, mais que j'ai trouvé dans une interview de DSK ;O) ) avait déjà été appliquée... Sinon, je suis bien entendu tout à fait d'accord avec toi : ce genre de propositions n'a d'intérêt que si elle est inscrite dans une politique globale (et cohérente !) cherchant à améliorer les conditions de vie des habitants de ces zones, en améliorant l'habitat, en renforçant le système éducatif, etc.
Cela dit, il faudrait aussi que la mentalité des patrons évolue, et ce ne sont pas des mesures gouvernementales incitatives qui peuvent y arriver. Trop souvent, ce n'est pas la main d'oeuvre qui n'est pas adaptée, mais son lieu de résidence et son nom, et ceci même en intérim
(- Bonjour, je m'appelle Ben Soussan, j'habite le Mirail (ou Duchère ou les Quartiers nord ou...), j'ai un BTS de Maintenance industrielle, ou un BEP de chaudronnier, ou... et je cherche du travail.
- Bon, on va voir. Vous avez une expérience dans la sécurité ? .......). Situation qui a pour effet de dégoûter non seulement la personne qui en est la victime directe, mais aussi les plus jeunes qui, voyant celà, dévalorisent l'école et les diplômes... ce qui ne présage rien de bon pour le futur.

A+
Fred

Ecrit par : Fred | 04.07.2006

mais vis a vis de ceal, ni le cv anaonyme (car il resterait l'entretien) ni les incitations fiscales ne semblent fonctionner...
je crois qu'un quotas pourrais peut etre faire ces preuves...
je n'ai pas encore réfléchis a la question...

Ecrit par : roi bourdieusien | 04.07.2006

je me permet juste de citer un livre pour l'avoir lu:
"violence urbaines, violences sociales", de S beaud et M pialoux...
il y est démontré, par ces deux sociologues bourdieusiens, que même en période prospère et même en période de rétnovations urbaines (comme l'ère jospin) la violence continue a s'exercer: la conclusion tirée est que la condition vécue est interiorisée et que l'intégration doit se faire a long terme pour recréer un "habitus", une culture propre a l'intégration...

Ecrit par : roi bourdieusien | 04.07.2006

ON EST EN FINALE !!!!!
ben alors pas de débat roi/fred ce soir ca craint !!!!
vous vous ramolissez messieurs
c'est bien les hommes ca...

Ecrit par : aurélie | 06.07.2006

aurélie; je me suis permis de déplacer ton commentaire car la note qur laquelle tu l'a posé ne restera pas sur le blog...
pour la finale je m'en fout... moi j'étais pour le portugal...pas pour l'équipe... simplement pour cristiano ronaldo...

Ecrit par : roi bourdieusien | 06.07.2006

et le foot dans tout ça ??? :-)))

Ecrit par : Nico2312 | 06.07.2006

bah pour le foot il faut se diriger vers le blog d'arlequin ou celui d'aurélie...
moi je ne comprend rien au foot, simplement qu'il faut marquer des buts, qu'on est en final (ah bon?.. et alors?...) que cristiano ronaldo est super beau...
des trucs comme ca...
rien de plus en fait...
dsl

Ecrit par : roi bourdieusien | 06.07.2006

¤ Roi : Salut à toi. Sur ta note "prochain sujet", moi je veux bien suggérer, mais pour ça, il ne faut pas bloquer les commentaires ;O) .
Bon. Donc je suggère ici : je suis preneur d'une note sur l'immobilier, j'aurais pas mal à commenter je pense.

Ecrit par : Fred | 06.07.2006

je vais tenter d'aborder ce probleme de maniere plus sociologique qu'économique mais les deux se lieront facilement...
j'opte pour ton conseil... je garde ce sujet...
merci de ton avis
a demain pour une nouvelle note alors...

Ecrit par : roi bourdieusien | 07.07.2006

et une dreniere note pour que les 3.200entrees sont atteintes; et qu'avec plus de 42entrées par jour, je le reconfirme, ce blog fonctionne plutot bien...

Ecrit par : roi bourdieusien | 07.07.2006

Bonjour à tous.
Question délicate que la délinquance… Même si les politiques et les médias accentuent le phénomène, force est de constater que la délinquance et les petites violences sont en progression. On assiste même à l’émergence de nouvelles « formes » de violences : je pense notamment au « happy-slapping » et, plus généralement, au fait de se faire filmer en train de commettre une agression, voire un viol.
Quelle est la meilleure solution face à cela, je n’en ai aucune idée… Une chose est sure, c’est que ce genre d’attitude est inacceptable, et qu’il ne faut certainement rester sans rien faire en affirmant que tout ceci n’est pas nouveau : on se dirigerait tout droit vers un nouvel avril 2002.
Pour ma part, je suis plutôt satisfait que cette question ne concerne plus seulement la Droite, car c’est en proposant des solutions diverses que l’on avance (cf. le mariage homosexuel), et j’estime qu’une aide à l’intégration pour ceux qui le souhaitent ne serait pas de refus, mais - à l’inverse, qu’une répression plus ferme pour ceux qui ne font aucun effort n’est pas non plus à écarter.

PS : ô mon roi : on a besoin de tes lumières au bistrot politique de Nico ;-)
http://nicopolitique.blogspirit.com/archive/2006/07/07/le-retour-du-meilleur-d’entre-eux.html#comments

Ecrit par : Bastogi | 07.07.2006

bah je vais tenter d'éclairer ce que je peux...
mais comme je suis en vacance, j'ai tendance a ressembler de plus en plus a une ampoule a économie d'energie...

Ecrit par : roi bourdieusien | 07.07.2006

j'invite d'ailleurs tout le monde a passer sur le bistro de nico, comme sur ton blog bastogi... (pour ceux qui s'en souviennent c'est bastogi qui avait copié ma note sur le projet du ps -comme aurélie d'ailleurs- ce qui avait permis de faire quelques echanges de commentaires cordiaux et tres enrichissant)

Ecrit par : roi bourdieusien | 07.07.2006

salut, roi, et très bien pour la référence à Stéphane Beaud. Un tout petit rappel, si tu le permets,
il y a la violence telle qu'elle s'exprime à travers les multiples formes que prennent les actes délictueux, et il y a la "violence inerte des structures", et celle-ci, aucun média n'en parle jamais!
à+

Ecrit par : arlequin | 07.07.2006

merci arlequin
c'est vrai que dans un esprit purement bourdieusien S beaud et M pialoux évoque le poids de la structure comme vecteur d'incorporation d'un habitus...
habitus qui mettra du temps a se modifié meme en periode de mieux economique et social...

Ecrit par : roi bourdieusien | 07.07.2006

fred, arlequin, nico, bastogi, aurélie, promis, des que je peux je mets tous vos blogs en lien sur mon blog...
le suel probleme c'est que je ne sais pas comment faire...

Ecrit par : roi bourdieusien | 07.07.2006

si je me rapelle bien tu vas dans listes et tu choisis liste de liens...

Ecrit par : Aurélie | 10.07.2006

... et tu cliques sur: ajouter un lien!
alors, Aurélie, tu as séché tes larmes ce matin???
et toi, Arno, que dis-tu du "rêve brisé" et de la "culture de la gagne"!!!!!
à+

Ecrit par : arlequin | 10.07.2006

je suis toujours consternée par notre défaite totalement imméritée :-(
en plus on aura pas droit à "l'effet coupe du monde" qui avait relancé la consommation et la croissance en 98

Ecrit par : Aurélie | 10.07.2006

je vais essayer...
merci

Ecrit par : roi bourdieusien | 10.07.2006

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