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08.06.2006

Le paradoxe de la santé publique ou comment protéger surtout les entreprises

Enfin je viens de trouver un peu de temps pour vous faire part à tous de mon indignation quant aux relations conflictuelles entre service public et santé… Je ne sais pas où commencer, donc je pense que je vais aborder chaque point simplement et de manière concise pour ne pas que vous soyez trop rebutés à lire ceci. Je précise que je n’aborderai certainement par le tiers de ce que je voudrais dire, et je demande un peu d’indulgence devant mon discours qui paraîtra parfois un peu décousu : sachez que derrière ce que je dis, j’ai de la documentation pour le prouver. A moins de vous pondre 50 pages, je suis obligée de raccourcir mes arguments et de vous demander de me croire sur parole... Je trouve un peu de crédibilité et de légitimité dans ce discours en précisant que je fais des études de pharmacie et que les poisons du corps, ça me connaît…

Alors, mes amis, commençons le carnage : Saviez-vous que, pour protéger certaines entreprises, qu’elles continuent à empocher plein d’euros et ne licencient pas massivement (cela sert-il pourtant à quelque chose vu ce que l’on entend actuellement ? Dans le secteur que je vais vous mentionner, oui apparemment… on entend peu parler de licenciement dans les labos pharmaceutiques ou l’agroalimentaire), l’Etat français accepte le pire ?

Je commence par descendre l’industrie agro-alimentaire. L’Etat accepte donc notamment que ses citoyens contractent des maladies diverses et variées qui pourraient être aisément évitées en établissant des taux limites de certains produits voire en les interdisant, à l’image du tabac ou de l’alcool. Ceci permettrait de diminuer les dépenses de santé… sans parler des préjudices moraux… Je résume : Les entreprises que je vais citer ci-après commercialisent des produits néfastes pour la santé (dont lait et sucre sont les deux principaux… oui vous êtes étonnés c’est normal)… Donc maladies… Donc l’Etat français, en payant pour les soins, met directement en fait dans la poche de l’entreprise de l’argent (via le contribuable qui a acheté) qu’il n’aurait pas eu à dépenser si ces entreprises n’avaient pas existé… Je montre l’absurde de la situation par cette « simplification » !!!

Je pense particulièrement au lobby du sucre et des industries sucrières… Le message officiel nutritionnel de l’Etat est en ce moment : Les sucres rapides ou sucres simples sont dangereux pour la santé à forte dose mais indispensables… C’est la dose qui fait le poison. Je suis d’accord, mais qu’est ce que l’Etat définit comme « forte dose » ? Je précise pour les amateurs que les « sucres rapides » sont les glucides ayant un goût sucré… les sucres lents, comme les pâtes COMPLETES par exemple (et pas les pommes de terre comme certains l’affirment), sont des glucides également, mais n’ont pas un goût sucré. N’oublions pas le rôle certain de tous les sucres cachés partout dans notre alimentation industrielle.

Paragraphe un peu plus technique, pour lecteur averti… : Que reproche-t-on à ces sucres rapides ? Ils sont absorbés et assimilés tellement rapidement qu’ils donnent des taux sanguins de sucre très élevés (hyperglycémie), ce à quoi l’organisme répond en sécrétant beaucoup d’insuline, un grand pic en fait, ce qui fait rentrer le sucre dans les cellules d’un coup, d’où la baisse brutale du taux dans le sang (hypoglycémie), le coup de barre, la fatigue voire l’évanouissement, etc. Les sucres lents sont décomposés molécule par molécule, et donnent une courbe d’absorption ressemblant plus à une courbe de logarithme qu’à une exponentielle… D’où l’organisme sécrète l’insuline plus lentement, sans pics, ce qui le fatigue énormément moins. En effet, le pancréas qui sécrète l’insuline est fait pour travailler tout le temps à petite cadence, et fournir un énorme effort en un temps réduit le crève littéralement… Vous voyez les conséquences : l’obésité, le diabète, … le cancer ?? Concernant le cancer, on en parle de plus en plus ; pour ma part, j’en suis sûre. Le diabète est une véritable merde qui vous pourrit (au sens propre puisque vous pouvez vous gangréner) le corps de l’intérieur, pour ceux qui ne se rendraient pas compte. Fin du paragraphe.

Normalement, idéalement, notre alimentation devrait comporter une certaine quantité de glucides, dont environ 10 % grand maximum devraient être « rapides ». Mais je ne pense pas que 10 % soit le taux recommandé par l’Etat pour faire vivre les entreprises sucrières… Je laisse ici ce problème de côté et pour plus de détails : cf. « Santé, Mensonges et Propagande », pages 105-140, livre écrit par Thierry Souccar (journaliste/ écrivain scientifique à Sciences et Avenir) et Isabelle Robart (avocate docteur en droit et spécialisée en droit de la santé). Mme Robard a plaidé partie civile dans de nombreux procès contre l’industrie agro-alimentaire notamment. Si vous n’avez pas les moyens de l’acheter et que vous êtes néanmoins intéressé, laissez un com je pourrais vous photocopier ou vous envoyer des extraits.

Je pense aussi au lobby des entreprises laitières… mais je ne m’étendrai pas sur le sujet, car il est probable que vous fassiez une crise cardiaque devant votre PC en découvrant le plus gros mensonge de tous les temps… Lisez le livre, donnez-moi votre mail ou votre adresse de blog et je vous enverrez de la docu par mail si vous êtes intéressé…

Concernant l’industrie pharmaceutique… Aaaaahhhh mon sujet préféré… Pierre Fabre, un labo franco-français que l’Etat aimerait préserver de la concurrence internationale et de la mondialisation, commercialise un médicament bien pourri (risques > bénéfices pour la santé) que l’on nomme « Cyclo 3 ® »… Le Ministère voulant le dérembourser, M. Fabre a donc décidé de faire du chantage au licenciement massif… Et oui, il perdrait tout d’un coup bcp d’argent le pauvre… La spécialité n’a donc pas été déremboursée… Ainsi, non content de fournir sur le marché un médicament au Service Médical Rendu (SMR) aussi faible, ce labo concourre en plus (faiblement certes) au « trou de la sécu »…

La diphtérie est une maladie respiratoire dont la complication très sévère s’appelle le croup. Il faut faire une trachéotomie pour la soigner et/ ou injecter un sérum assez cher. Sinon, on meurt asphyxié. En France, on vaccine contre la diphtérie, donc même s’il reste toujours quelques cas par an, le croup n’existe plus… Et il en est de même dans tous les autres pays industrialisés. Donc produire le sérum anti-croup n’a un jour plus été rentable pour le labo… Qui a arrêté de le commercialiser, alors que cette complication existe toujours dans les PVD !!! Et oui, que les noirs crèvent du croup, on s’en fout… ça n’est pas rentable de le fabriquer en petite chaînes de production… Et l’Etat n’a pas été foutu de gueuler contre le labo (qui fournissait ces PVD bien entendu et était le seul à produire le sérum, puisqu’il n’y a pas – encore – de génériques) ou de le « forcer » (mais peut-on forcer ? Ce n’est pas très libéral…) à le produire ! Personne n’a gueulé (pas moi car j’étais pas au courant, c’était y’a 3 ans…), et surtout pas les associations de protection des droits de l’Homme. C’est pourtant de la non assistance à personne en danger.
C’est tout de même un comble au « pays des droits de l’Homme », justement, que l’on puisse avoir pour politique de dire aux médecins : « Ah et ben quand vous allez en Afrique, vous leur dîtes : Si, on connaît le médicament qui peut vous guérir, mais personne veut le fabriquer !!! Y’a pas assez de cas de votre maladie… ». En fait, c’est le même problème que pour les maladies orphelines, sauf que c’est pour des maladies non orphelines !!! Je précise que la trachéotomie peut se pratiquer bien sûr, mais c’est cool d’avoir des antibiotiques à portée de main (pour éviter les infections) et puis ça ne suffit pas toujours à guérir…

A propos de maladies orphelines… Il existe tout un tas de maladies que l’on connaît plus ou moins bien, et dont on connaît parfois le remède. Mais comme elles sont « orphelines », c’est-à-dire que peu de gens les ont contractées, peu de malades = peu de médicaments vendus = petites chaînes de production condamnées à ne pas exister ou à disparaître, faute de rentabilité !!! Alors, pareil, on dit aux gens : « Ouiiii il existe un remède miracle qui pourrait vous guérir, mais vous allez mourir parce que le PDG de Sanofi (ou Bayer, ou Glaxo…) ne veut pas le fabriquer, il dit que ça lui coûte trop cher… ou plutôt, ça ne lui rapporte pas assez ! » (oui, c’est différent, parce que les labos s’en mettent toujours plein les poches). Non assistance à personne en danger…

Et la tuberculose… on en meurt encore !!! Toujours pareil, plus assez de malades, donc les labos produisent tjs les grands médicaments phares, mais les petits médicaments « de seconde ligne », comme on dit dans le jargon médical, qui servent lorsqu’on a des résistances qui arrivent, etc. ne sont plus produits depuis quelques années car on ne s’en sert pas assez !! Sympa pour les médecins qui jonglent avec les quelques trucs qui leur restent… Et comment ils font si le patient va mal tout d’un coup on sait pas pourquoi et qu’il faut passer à la vitesse supérieure ? Et ben ils sont emmerdés… Je crois que l’on peut demander une dérogation au ministère pour dire au labo d’en produire la quantité voulue (cas dans lequel le ministère « force » donc la main…), mais à mon avis, ça doit être tellement le merdier pour l’avoir que bon…

Comme on tourne en rond, je donne un autre thème : comment les labos pharmaceutiques font pour empocher un max de thunes… D’abord, les études cliniques sont statistiques, et on peut faire dire ce que l’on veut aux statistiques en truquant le nombre de paramètres (merci le roux de m’avoir expliqué !!). Ensuite, les études publiques financées par des labos privés sont douteuses… Et elles le sont obligatoirement, au vu de l’engagement financier de l’Etat dans la recherche publique (un labo a ≈ 5000 € par an… de quoi tenir jusqu’à fin février… et après il reste encore 10 mois à faire tourner le labo de recherche)… Quant aux chercheurs du public qui ont parfois des actions ou intérêt dans l’entreprise en question (certains siègent même à certains conseils d’entreprise), ils trouvent comme par hasard dans 70 % des cas des résultats qui vont dans le sens de l’entreprise. Comment avoir une once d’objectivité et de partialité quand on est payé par quelqu’un qui vous fait bien comprendre les a priori qu’il a quant aux résultats que vous devez obtenir ? Je vais citer tout à l’heure un paragraphe du livre que j’ai mentionné précédemment (en revenant sur les problèmes des industrie agro-alimentaires notamment, chez lesquelles ce phénomène est prédominant). Et bien sûr, croyez bien que l’AFSSAPS et l’AFSSA (Agence Française de la Sécurité Sanitaire des Produits de Santé et AFSS des Aliments) qui sont censées contrôler la qualité de nos médocs et de notre bouffe sont corrompues jusqu’au trognon par des « experts » venant en fait, ou ayant des intérêts, du privé.

Et puis un phénomène que m’a expliqué un prof de la fac : les labos disent d’un médicament, quand ils le lancent sur le marché : « il faut la posologie x grammes par jour pour que ça marche dans cette maladie, pendant y jours ». Les médecins commencent donc par utiliser cette posologie… puis se rendent compte qu’ils peuvent même la baisser, ça marche toujours… et encore la baisser… et encore… et aussi diminuer la durée du traitement… Finalement, le labo dit qu’il faut par exemple 4 g/ jour pendant 10 jours, et les médecins se rendent compte que le malade sort guéri avec 400 mg par jour pendant 3 jours !!! En fait, le labo fait exprès de monter les posologies au taquet pour vendre plus !

Ou bien ils vendent très cher des produits remboursés par la sécu (pourtant, il y a une commission spéciale qui marchande et parle du prix qui va être fixé avec le labo), et puis, quand le générique sort (et Dieu sait que les labos de génériques font du profit pourtant), on se rend compte que ce prix, pourtant marchandé et revu à la baisse par l’Etat (le labo accepte car il est mal si l’Etat veut pas rembourser, car cela signifie alors que son produit sera bcp moins vendu : preuve que, via la sécu, l’Etat met directement les sous dans la poche du labo…), était carrément exagéré. Même en comptant l’amortissement de l’investissement financier qu’à réalisé le labo. Exemple : une injection à 1200 € passe en générique à 80 €… Je précise que les laboratoires pharmaceutiques sont les seules entreprises à devoir payer une taxe sur le chiffre d’affaires, ce qui est bien normal au vu des dégâts qu’elles occasionnent sur notre sécurité sociale.

Je ne parle même pas des nombreux « médicaments » qui sont sur le marché et qui ne sont en fait que de vulgaires placebo, un médicament devant démontrer, pour avoir l’autorisation, que son efficacité est au moins égale à celle d’un placebo, on se retrouve avec tout plein de molécules inutiles mais personne ne sait qu’elles le sont, car qui voudrait se farcir le mètre cube de papiers d’études cliniques ?…

Je termine en dénonçant la corruption de nos institutions sanitaires : Quant à l’étude SU.VI.MAX (Supplémentation en vitamines et minéraux antioxydants) qui a été terminée il y a quelques années (1994-2002) maintenant, et dont vous avez peut-être entendu parler :

« … le code de déontologie médicale nous dit que le médecin doit se garder de toute attitude publicitaire, qu’elle soit personnelle ou en faveur des organismes auxquels il prête son concours. Le dossier de presse et la manifestation publique organisée à l’occasion des résultats de l’étude SU.VI.MAX sont à faire pâlir d’envie les plus grandes agences de pub. » …

« … l’article 20 de ce code rappelle que « le médecin doit veiller à l’usage qui est fait de son nom, de sa qualité ou de ses déclarations », qu’il ne doit « pas tolérer que les organismes publics ou privés, où il exerce ou auxquels il prête son concours, utilisent à des fins publicitaires son nom ou son activité professionnelle. » La communication scientifico-médicale de SU.VI.MAX reste une énigme ; en effet, l’étude fut financée par Unilever Best Food, Céréal, Lipton, Candia, Kellog’s, Lu, Danone, entre autres, et le dossier de presse s’accompagnait de toutes les publicités des groupes ayant financé l’étude… » …

« L’Ordre des médecins indique que l’appréciation du caractère publicitaire prend en compte « la volonté publicitaire » et « la notion de proportionnalité, lorsque dans le message transmis l’impact publicitaire submerge manifestement l’information elle-même ». Tout est dans la notion de « volonté » et dans celle de « proportionnnalité… » » …


Et puis sur la corruption entre experts sanitaires et intérêts privés :

« …l’étude Fleurbaix Laventie Ville Santé, une expérience menée auprès de 2500 habitants du nord de la France, a pour objectif de « mieux comprendre les mécanismes impliqués dans la prise de poids excessif et la répartition des graisses ». L’étude est sponsorisée, entre autres, par le Centre d’études et de documentation du sucre (CEDUS), Lesieur et Brasseurs de France, et elle est animée par le docteur Jean-Michel Borys. Ce dernier, l’un des responsables de l’agence de communication Protéines, spécialisée dans le marketing agroalimentaire, … »

« L’étude… aurait montré que les enfants qui consomment plus de glucides sont les plus minces, y compris lorsque ces glucides sont des sucres simples, ce qui est une bonne nouvelle pour le CEDUS. […] Enfin, l’étude a montré, à la grande satisfaction des Brasseurs de France, que les hommes et les femmes qui boivent chaque jour leur chopine de bière sont plus minces que celles et ceux qui ne boivent pas. » Ca serait une première…

Encore ici, ces statistiques me semblent louches… Ils ont du « oublier » des paramètres...

A bon entendeur

Commentaires

pas de nom?
...
pas de nom...

Ecrit par : roi bourdieusien | 08.06.2006

c aussi évaaaaaaaaa bien sur
on peut modifier la note pour mettre son nom ?

Ecrit par : évaaaaaaaaaaaaa | 09.06.2006

oui
je vais le faire bb!

Ecrit par : roi bourdieusien | 10.06.2006

je connaissais tes avis sur ces questions..
ravis de les voir sur mon blog...
(un peu long non?)

Ecrit par : roi bourdieusien | 14.06.2006

Les commentaires sont fermés.