« 2007 dans ma boule de cristal… (modifié le 15) | Page d'accueil | Six mois déjà… »
17.05.2006
AUTO FLAGELLATION ?

Les commémorations de l’abolition de l’esclavage, comme précédemment la loi sur le rôle positif de la colonisation, comme avant elle la loi Taubira sur le génocide que constitue l’esclavage. Les revendications nationales, communautaires (dans son sens le plus neutre) voir régionales se font aussi entendre : assiste t-on à une surenchère dans la position victimaire ? Ou se révèle t-il un nouvelle fissure dans le dogme républicain ?
Les lois, l’histoire, et les vécus…
Originellement, il fallait considérer, et il faut toujours heureusement, considérer la shoah, comme un génocide. Puis la loi, sur le modèle du génocide juif, a conclu au génocide arménien. Dernièrement, sous l’ère socialiste, la traite des noirs fut légiférée comme génocide. Ces derniers mois, c’est la loi sur le rôle positif de la colonisation qui a du être retiré : la loi doit elle interférer à l’histoire et à la recherche historique : doit-il y avoir une histoire étatique ?
La première loi semble, de toute évidence, tomber sous le sens, pour défaire le lit des révisionnistes des négativistes, le lit aussi de l’extrême droite, du fascisme. Ce traumatisme étant entendu comme le traumatisme des temps modernes (avec la 1ère guerre mondiale…) en Europe et en France.
La seconde loi ne posa pas de problèmes lors de son vote : peu d’arméniens sont en France, et la loi n’intéresse pas : cependant elle ouvre une nouvelle voie : celle de la reconnaissance (à tort ou a raison) des victimes dans l’histoire. (Notons tout de même que le contexte de non reconnaissance du génocide par la Turquie et sa potentielle entrée dans l’Europe, créait un contexte particulier)
Les dernières lois méritent que l’on s’y penche : doit on reconnaître tous les crimes de nos pères ? La première loi Taubira nommait « génocide » la traite des noirs, la seconde évoquait un rôle positif de la colonisation, mais fut abrogée…
Prenons position pour que la loi n’entrave pas la recherche historique…
Dés lors doit-on nommer comme génocide les abominations passées ou peut on trouver un nouveaux terme ? Ce choix est-il représentatif, pour les communautés en question, du traumatisme que fut pour nous la 2de guerre ?... (ici sans volonté de comparaison, puisqu’il serait illégitime de s’octroyer un terme, un statut, sans l’octroyer a d’autres ou de prétendre moins ou plus souffrir que d’autres).
(Je ne prétends pas avoir les réponses…ou pas tout de suite)
Comme le disait cependant E. Badinter l’histoire se mêle d’histoire privée ; la notre, de celle de nos ancêtres, de nos pairs, de nos référents sociaux, culturels historiques, mais aussi des référents des autres nous concernant…
Ces lois nous mettent elles en paix avec nous même ? Sont-elles une plaie pour la recherche ou bien cicatrisent-elles en partie celles des populations historiquement blessées ? (Jusqu’à dans leurs vies de tous les jours : le racisme se lie de valeurs post colonialistes)
Compétition victimaire ?
L’expression n’est pas de moi : elle est d’Élisabeth Lévi, journaliste au point et co-animatrice du débat « culture et dépendance » sur France 2…
Les communautés ou régions entrent-elles dans une compétition ou l’issu comportera une classification hiérarchisée de victimes et donc de coupables ?
(Lorsque des aspects psychoaffectifs, comportementaux, sociaux, historiques entrent en compte, on remarquera la frilosité de droite a prendre en compte, surtout de manière étatique, c'est-à-dire a légiférer, ces questions…)
Repenser le modèle social…
Quel lien allait vous me dire ?
Le lien est cependant tout trouvé : les réticences quant a se positionner comme bourreaux coupables mais pas responsables (le temps passant…) provient directement du fait de penser (ethnocentriquement) le multiculturalisme, d’une voie universaliste.
Mais aussi, cela revient a révéler les failles du dogme républicain de la différence vue et ressentie mais dissimulée, des inégalités non pensées ou difficilement pensables…
Nécessité de reconnaissance, en rien un affaiblissement du corps social et national, ces débats historiques doivent être posés.
Au delà même, puisque vivre dans les différences d’aujourd’hui impose de stipuler nommer reconnaître et connaître des différences (même historiquement datées) qui ont étés…
par
roi bourdieusien
mes autres blogs:
http://wprowadzeniarnoijne4.blogspirit.com
http://life-on-mars.blogspirit.com
Commentaires
je me permets le premier commentaire pour dire que ce blog a dépassé les 1.750visites et les 200commentaires en un mois et 10jours...
merci a tous...
Ecrit par : roi bourdieusien | 16.05.2006
Oh my god.
Ecrit par : scanman | 16.05.2006
ta prose est toujours brillante, roi bourdieusien, tu marches allègrement sur les traces de ton maître ;-)))
La loi, comme tu le sais , n'est jamais que l'expression d'une vague et incertaine majorité existant à un moment donné dans une société donnée; elle est en fait le produit d'un rapport de forces entre des tensions antagonistes. La loi accompagne et sacralise les opinions et les pratiques dominantes.
à+
jp
Ecrit par : arlequin | 16.05.2006
alors si on me flatte autant...
merci...
Ecrit par : roi bourdieusien | 16.05.2006
Bravo pour tes prises de position
@+
Laurence
Ecrit par : Laurence | 17.05.2006
"...doit-il y avoir une histoire étatique ? "
Non. Cela est digne d'un État totalitaire.
Ecrit par : Lucilio | 18.05.2006
Il n'y a rien de dictatorial pour un Etat et ses représentants à prendre position dans les choix idéologiques qui président à l'interprétation du passé d'une communauté! C'est ce que tu fais en permanence, Lucilio, quand tu défends becs et ongles, l'ultra libéralisme, et loin de moi l'idée de te contester ce droit!
Pour l'Etat, il y a une condition pour que cette prérogative soit légitime, c'est que les contre-pouvoirs fonctionnent et puissent intervenir utilement dans le débat, et pas seulement les lobbies financiers!
à+
Ecrit par : arlequin | 18.05.2006
je suis entierement d'accord sur un point lucilio: les historiens se mefient de l'histoire dite "officielle" c'est a dire ordonée etatiquement.
cependant, si l'histoire comune et officielle a bien fondé notre société, l'a soudée, force est de constater qu'aujourd'hui l'histoire est mal menée: et tant mieux: il ne peut y avoir une histoire sur l'histoire: d'ou l'importance de contre pouvoirs, d'associations de libertés de penser, que l'état ne doit contenir.
la encore, stipulons que certains points historiques puissent relever d'une politique (comme le fait de reconnaitre officiellement un fait indiscuté: alors se sont les histoire sur ce fait qui varient...)
Ecrit par : roi bourdieusien | 18.05.2006
Il n'y a rien de dictatorial pour un Etat et ses représentants à prendre position dans les choix idéologiques qui président à l'interprétation du passé d'une communauté! C'est ce que tu fais en permanence, Lucilio, quand tu défends becs et ongles, l'ultra libéralisme, et loin de moi l'idée de te contester ce droit!
Pour l'Etat, il y a une condition pour que cette prérogative soit légitime, c'est que les contre-pouvoirs fonctionnent et puissent intervenir utilement dans le débat, et pas seulement les lobbies financiers!
à+
Ecrit par : Lucilio | 18.05.2006
"Il n'y a rien de dictatorial pour un Etat et ses représentants à prendre position dans les choix idéologiques qui président à l'interprétation du passé d'une communauté!"
Bien sûr qu'il est dictatorial pour un État de criminaliser, comme le fait l'État français, des opinions qui contredise sa "vérité officielle" (cfr les lois criminalisant le négationnisme de la Shoah ou du génocide arménien).
"...l'ultra libéralisme..."
Pourrais-tu définir l' "ultralibéralisme" et indiquer ses différences avec le libéralisme.
Ecrit par : Lucilio | 18.05.2006
personnellement (meme si la question ne m'est pas addressée); je pose comme ultra liberaux, ceux qui au dela des theories libérales (respectables, comme celles de smith entre autre) n'actualisent pas leurs propos (ce constat serait aussi vrai pour des communistes radicaux par exemple)...
s'enteter au libéralisme primaire est utopique; relisez smith; on le croirait presque socialiste...
Ecrit par : roi bourdieusien | 18.05.2006
"je pose comme ultra liberaux, ceux qui au dela des theories libérales ... n'actualisent pas leurs propos ..."
On n'est pas bien avancé là. Que signifie "actualiser leurs propos" ?
"s'enteter au libéralisme primaire est utopique; relisez smith; on le croirait presque socialiste..."
Plutôt contradictoire comme phrase, non ? Il faut comprendre que les libéraux qui n'actualisent pas leurs propos sont presque socialistes ? Que les "ultra-libéraux" seraient socialistes ?
Sinon, de manière générale, il faut éviter, lorsqu'on parle de libéralisme de faire référence à Adam Smith. Contrairement à l'idée reçue, Smith ne fut pas le fondateur de la science économique, qui existait depuis les scolastiques, et sous sa forme moderne depuis Richard Cantillon. Smith ne fut à l'origine de rien de vrai. Et tout ce qu'il fut le premier à penser se révéla faux. Smith ne contribua à rien ayant une quelconque valeur pour la pensée économique. Son oeuvre fut un recul par rapport à Cantillon, Turgot, Hutcheson et les scolastiques espagnols. Bien que la Recherche sur la nature et les causes de la richesse des Nations soit devenue un objet de culte pour beaucoup, cet essai est rempli d'imprécisions, d'ambiguïtés et de profondes contradictions. Et, de fait, Smith peut sembler socialiste car il développa une théorie erronée de la valeur, qui sera reprise ensuite par Marx. Pour connaître les idées libérales dans le domaine économique, il faut se référer à l'École autrichienne.
Ecrit par : Lucilio | 18.05.2006
vous avouerez qu'un libéralisme total peut etre jugé "ultra" comme toute sorte de jusqu'auboutisme...
alors oui, smith n'est pas le plus libéral des libéraux: mais l'on ne peut pas nier non plus que beaucoup de libéraux s'y referent!
quant a l'economie de l'ecole autrichienne (merci hayek, meme si avec schumpeter leurs revelations sont decisives) il semble necessaire de constater qu'il sont (mais ceci n'a pas le monopole de liberaux) jusqu'auboutistes: de la a renier les fondements de nombreuses sciences sociales et humaines (meme si l'opposition a marx et a keynes, au socialisme et a la notion de valeur peuvent être entendues) ne peut être conçue par un "roi bourdieusien", qui plus est lorsque cette école prône l'individualisme méthdologique (c'est a dire le libéralisme et l'individualisme -sans leurs sens péjoratifs-) au dela de l'économie : un individu rationnel ne l'est que lorsqu'on lui donne les possibilités et les capacités a sa rationnalité (la cause rationnelle et individuelle des phénomène ne saurait être une explication unique et suffisante).
n'est pas un peu "élitiste" que de croire que nos choix sont poussés par la rationalité?
(en tant qu'étuiant en sociologie, je réfute aussi cette idée au sein même de ma science)
Ecrit par : roi bourdieusien | 18.05.2006
notons cependnt, alors que je m'interresse (même de loin) aux phénomènes et théories économiques, qu'en tant qu'étudiant en sociologie, je n'ai, sur de nombreux sujets, même économiques, qu'une approche sociologique...
(par pitié, un peu de compréhension face a mon manque de connaissances économiques, bien qu'il me semble qu'elles existent quand même: je n'ai toujours pas ecu le nobel!)...
Ecrit par : roi bourdieusien | 18.05.2006
"...vous avouerez qu'un libéralisme total peut etre jugé "ultra"..."
On n'avance toujours pas : qu'est-ce qu'un libéralisme "total". Pour rappel : le libéralisme est une doctrine de droit, qui stipule que tout être vivant reçoit des droits naturels imprescriptibles, qui sont la vie, la liberté d'agir, la propriété, la résistance à l'oppression et qu'il peut jouir de ces droits tant qu'il ne porte pas atteinte à ces mêmes droits d'une autre personne. Ne peuvent être sanctionnés que les actes portant atteinte à ces droits, potentiellement ou effectivement. Enfin, l'individu est responsable des conséquences de ses choix, tant pour lui même qu'envers les autres individus. Il ne peut se soustraire à ses fautes éventuelles. Pour un libéral, aucun groupe, aucune communauté, aucune collectivité ne peut imposer ses comportements, ses choix de vie, à une personne, au motif qu'il appartient à cette collectivité. Aucun individu ne peut être privé de ces droits sous quelque raison que ce soit, et notamment la race, la religion, le sexe, les opinions politiques ou religieuses, etc... de même, aucun individu ne peut jouir de "plus de droits" qu'un autre, ne peut voir sa vie, sa propriété, sa liberté mieux garantie qu'un autre. C'est le concept clé de "l'égalité en droits". Ces droits sont fondamentaux car chaque individu autonome peut les exercer de façon individuelle sans qu'il ne soit nécessaire de recourir à la contribution d'autres individus.
"...smith n'est pas le plus libéral des libéraux: mais l'on ne peut pas nier non plus que beaucoup de libéraux s'y referent!"
C'est une erreur de leur part, aucune théories économiques libérales sérieuses ne se base sur Smith.
"...l'ecole autrichienne (merci hayek..."
Hayek, mais surtout Böhm-Bawerk et Mises.
"cette école prône l'individualisme méthdologique ... au dela de l'économie : un individu rationnel ne l'est que lorsqu'on lui donne les possibilités et les capacités a sa rationnalité (la cause rationnelle et individuelle des phénomène ne saurait être une explication unique et suffisante)."
Justement non. Les écoles qui se basent sur la rationalité de l'individu sont les Écoles classique et néo-classique. Pour l'école autrichienne, l’économie est faite de phénomènes sociaux complexes résultant de l’action des êtres humains, qui consiste à mettre en œuvre de moyens pour atteindre des fins, les relations entre fins et moyens aussi bien que les fins elles-mêmes étant établies de façon subjective par chaque individu. L'individualisme méthodologique consiste à expliquer les phénomènes économiques et sociaux seulement à partir des actions, réactions et interactions entre les individus qui composent la société. En effet, par définition, tous les événements qui fondent l'histoire humaine et donc l'histoire économique, politique et sociale, sont toujours le produit de l'action humaine individuelle, car seuls les êtres humains agissent (les états, les groupes ne sont pas des êtres à part entière, ils ne sont que la somme des individus qui les composent).
Ecrit par : Lucilio | 18.05.2006
c'est vrai, (mais je ne maitrise pas non plus tous les courants d'économie)
toujours sans pretentions economiques, et comme je l'ai deja dit, je crois que les positions radicales du liberalisme, comme les positions radicales du marxisme (même si dans un cas comme dans l'autre, elle ne se sont jamais réalisées entierement) ne sont pas bonnes a prendre.
peut etre encore moins celles du liberalisme, car je suis de ceux qui pensent qu'en effet l'homme est plus agit qu'il n'agit.
puis, lorsque l'on evoque le concept de "totalité", même cela peut paraitre flou, il s'agit pourtant de comprendre, qu'une théorie ou un courant peut avoir une pretention "totale" dans le sens ou elle se poserait das tous les domaines de la vie: en ce sens je crois qu'un libéralisme "total", c'est a dire qui s'applique même la ou il semble le plus inaproprié (mais ceci s'applique aussi au socialisme ou au communisme) donc a toutes les spheres de la vie (sociales, economiques...) ne peut pas fonctionner politiquement.
philosophiquement, ce qui nous différencie est surement la place que l'on donne a l'individu: une société ne saurait être que la somme des individus qui la composent....
Ecrit par : roi bourdieusien | 18.05.2006
pour donner un exemple fde la totalité que j'évoquais, je suis moi même adepte du courant structuraliste en science humaine, et pourtant, dans certaines situations il m'arrive de penser que des conceptiosn interactionnistes doivent relayaer mes analyses...
alors, je remet en cause l'aspect "total" des théories structuralistes, comme celles de bourdieu (ca me fait mal de dire cela), dans le sens ou un phénomène ne peut trouver recruter ces explications dans un seul courant.
selon les sensibilités individuelles (ou pour parler plus bourdieusiennement, selon les structures structurantes qui nous structurent : l'héritage de notre classe) nous sommes cependant plus prompt a evoquer et a s'emparer de telle ou telle philosophie...
Ecrit par : roi bourdieusien | 18.05.2006
"...je crois que les positions radicales du liberalisme ... ne sont pas bonnes a prendre..."
Quelles sont ces "positions radicales du liberalisme" ? Plus haut, tu trouves une définition assez complète du libéralisme. Quels en sont les point qui te gêne ?
Ecrit par : Lucilio | 18.05.2006
"...en ce sens je crois qu'un libéralisme "total", c'est a dire qui s'applique même la ou il semble le plus inaproprié ... donc a toutes les spheres de la vie..."
Mais justement, le libéralisme, contrairement aux utopies holistiques telles que le socialisme, ne cherche pas à régler tous les aspects de la vie en société. Le libéralisme prône simplement le respect de quelques droits naturels (la vie, la liberté d'agir, la propriété, la résistance à l'oppression), il explique que l'individu est responsable des conséquences de ses choix, tant pour lui même qu'envers les autres individus et il défend l'idée qu'aucun individu ne peut être privé de ces droits sous quelque raison que ce soit.
Ecrit par : Lucilio | 18.05.2006
ce point précis me gene:
l'individu ne peut etre tenu pour responsable de ses actes et des conséquences de ses choix; il existe des predeterminismes qui necessite la presence d'un etat au dela des fonction régaliennes...
Ecrit par : roi bourdieusien | 18.05.2006
une des causes importantes pour lesquelles je refuse le libéralisme (en tout cas dans le monde actuel) : si nous confrontons les individus a leurs sorts, cela légitime toute les inégalités pré existantes; puis par la valorisation des capacité individuelles, cela légitime toute hierarchie, domination et selection...
Ecrit par : roi bourdieusien | 18.05.2006
"...l'individu ne peut etre tenu pour responsable de ses actes et des conséquences de ses choix..."
Effectivement, si pour toi, l'homme n'est pas responsable de ses actes ni de ses choix, tu ne peux être libéral.
"...il existe des predeterminismes qui necessite la presence d'un etat au dela des fonction régaliennes..."
Quels "prédéterminismes" ? Entre parenthèses, quel est la différence entre déterminisme et prédéterminisme" ?
Ecrit par : Lucilio | 18.05.2006
"...si nous confrontons les individus a leurs sorts, cela légitime toute les inégalités pré existantes..."
Que veux-tu dire par là ? En quoi reconnaître les responsabilité des individu légitimerait des inégalités ?
"...la valorisation des capacité individuelles, cela légitime toute hierarchie, domination et selection..."
En quoi les capacités individuelles légitimeraient une "hiérarchie" ?
Ecrit par : Lucilio | 18.05.2006
je sens que la liste des interrogations risque d'étre longue
1) les determinismes structurent l'individu lors de sa socialisation, les prédeterminisme, le structurent avant même qu'il ne naisse. (certains determinismes, avec le temps, en se cristallisant, deviennent des predeterminismes)
2) pour répondre a tes 2 dernieres questions: prenons l'exemple classique de l'école: un élève a qui l'on accorde que ces notes sont le fruit de ses capacités, de son travail, de son "mérite", de sa responsabilité (de travailler ou pas...) est un eleve qui, objectivement reproduira les inegalités qui subjectivement le composent (le fait de na pas avoir les même connaissances objectives et subjectives que celles de camarades d'autres niveaux sociaux, les faits issus des discriminations...)
ainsi, dans cette optique, tout inégalité est légitimé par le fait d'avoir travaillé ou pas, mérité sa place ou pas, alors que l'on sait pertinement que l'école est ségrégué culturellement, ethniquement, économiquement.
mais, par analogie, l'on pourrait reproduire ce systeme dans tous les champs sociaux ou l'individu, pour avoir incorporé un certain nombre de connaissance, manière d'être, de sentir ou paraitre, de se faire sentir, est dominé par une société qui l'agit plus qu'il n'agit...
(c'est une théorie bourdieusienne basique mais qui je crois garde toute sa pertinence)
Ecrit par : roi bourdieusien | 18.05.2006
Elements de réponse à Lucilio sur mon blog!
amitiés
jp
Ecrit par : arlequin | 19.05.2006
au fait, c'est en ce moment tes exams, roi bourdieusien???
bonne chance!!! mais ne soit pas trop dur avec les dominants, il y en a qui s'agitent encore ;-))) même à la fac!!!
Ecrit par : arlequin | 19.05.2006
"...les determinismes structurent l'individu lors de sa socialisation, les prédeterminisme, le structurent avant même qu'il ne naisse."
Que voilà de subtils distinguos. Mais qui éclairent peu le débat sur le libéralisme.
"...on pourrait reproduire ce systeme dans tous les champs sociaux ou l'individu..."
Amusant de lire cette confession de foi dans un système d'interprétation holistique de la part de quelqu'un qui accuse, à tort, le libéralisme de pénétrer tous les aspects de la vie en société. Mais tout ceci ne fait pas avancer le schmilblick et nous n'avons toujours pas de définition de l' "ultra-libéralisme" ni ne connaissons ses différences avec le libéralisme. En fait, "ultra-libéralisme" est un terme vide de sens, il s'agit simplement d'un terme employé uniquement de manière péjorative pour désigner un libéralisme cohérent. Dans les faits, le préfixe "ultra" ne sert qu'à donner une connotation droitière dangereuse.
Ecrit par : Lucilio | 19.05.2006
Lorsque l'on sait le temps et les réticences que notre cher État a mis pour reconnaître la collaboration sous Vichy (cela fait peu que les plaques sur les frontons des écoles précisent : "avec la "participation active" du gouvernement de Vichy.", autant dire que la prise de conscience et l'aveu sont des processus extrêmement long… Mais cette mémoire, ces appels à la reconnaissance d'un statut de victimes (chacun revendique le sien…) auront-ils pour effets de changer les mentalités ? J'en doute fortement ! La journée de l'esclavage est entrée dans le calendrier, fixée à présent dans le temps. Et après ? La notion d'esclavage demandant à être davantage développée, à mon sens… En fait, pour conclure (sinon ça risquerait d'être long, pardonnez la forme élliptique de ma pensée) je ne crois pas que le ressort affectif endeuillé soit la réponse à apporter. Pleurer les morts officiellement et ce devant les médias, quelle valeur cela a-t-il ? Depuis quand la démonstration public a-t-elle valeur d'exorcisme (après tout le mot est de mise) ? La peur du futur s'abrite derrière le paravent des commémorations
Merci pour votre blog Roi Bourdieusien…
Ecrit par : Fabrice | 19.05.2006
Lucilio je t'ai répondu sur le blog d'Arlequin mais puisque tu crois que le terme ultra libéralisme n'existe pas je v te donner la définition donnée par Wikipédia (encyclopédie libre du net).Après tout il ne peut pas y avoir de définiton encyclopédique d'un terme inexistant et vide de sens donc je pense que tu ne pourras que te taire et nous laisser quelques vacances...
Le mot ultra-libéral est une épithète péjorative, pour qualifier les personnes se déclarant favorables à une réduction des législations ou des prérogatives légales. L'emploi de ce terme les accuse d'être partisan de la destruction totale de toute législation.Le terme est utilisé lorsque la réduction des législations ou des prérogatives légales est préconisée en matière économique et sociale.
Ils parlent même de toi personnelement :
D'autres libéraux ajouteront (sans forcément emporter l'adhésion) que la notion même d'ultra est absurde en ce qui les concerne, car contrairement aux collectivismes, le libéralisme n'est ni partisan ni conflictuel, et qu'il n'a donc pas à faire avancer des intérêts particuliers avec plus ou moins de vigueur.
Et pour revenir à ce que tu as dit sur le blog de mon nouvel ami Arlequin ;-) le libéralisme n'est pas une pensée politique mais économique et si tu ne sais pas ca c'est pas la peine de faire des pseudos débats en sortants des grandes phrases qui ne veulent rien dire.
Ecrit par : Aurélie la gauchiste | 19.05.2006
le commentaire trouvé sur Wikipedia est vraiment percutant et limpide, je devrais aller plus svt sur cette encyclo. Merci Aurélie!
Ecrit par : arlequin | 19.05.2006
Aux USA, le libéralisme est une pensée politique qui est centrée sur des idées de gauche telles que la nécissité pour l'idée d'aider les citoyens. Je me demande d'ailleurs comment il se fait que ce mot est une signafication différente en Europe et aux States.
Ecrit par : kiki | 20.05.2006
surement que les politiques qui sont lui accolées different (même surement)
sinon merci a tous de tous ces commentaires
et pour te repondre arlequin (comment tu sais pour mes exams?) : ca c tres mal passé...
oh! de toute facon j'avais assez de points d'avance pour avoir ma licence même avec 0 de moyenne...
bisous a tous
Ecrit par : roi bourdieusien | 20.05.2006
c'est les RG qui me renseignent - mais non!! -
bon alors tout est pour le mieux pour toi! et l'an prochain tu rentres en mastère de socio?
C'est vrai, kiki a raison, aux USA , le même mot ne désigne pas la même réalité politique. Mais ici, on voit bien que svt les choses sont présentées comme allant de soi - comme le fait JMS tous les matins sur France Inter à 7 h 20 : "tout cela est évident, comment peut - on avoir le front de penser autrement???". Il a même dit un jour à peu près ça : "l'économie , c'est comme la météo, il fait beau ou mauvais, ça se constate , ça ne se discute pas!"
Ecrit par : arlequin | 20.05.2006
"...je v te donner la définition donnée par Wikipédia..."
T'est bien gentille Aurélie, mais faudrait voir à citer correctement. À savoir :
"Le mot ultra-libéral est une épithète péjorative, pour qualifier les personnes se déclarant favorables à une réduction des législations ou des prérogatives légales. L'emploi de ce terme les accuse d'être partisan de la destruction totale de toute législation.
Le terme est utilisé lorsque la réduction des législations ou des prérogatives légales est préconisée en matière économique et sociale. Il est principalement utilisé par la gauche (socialiste, communiste, libertaire, etc.).
La droite utilise le terme, également péjoratif à son origine, d'anarchisme (ou plutôt, utilisait, car cet usage semble passé de mode) lorsque la réduction s'applique à la propriété et au capital individuel.
Comme tout terme péjoratif, il peut être utilisé à tort et à travers à la place de capitalisme, par ignorance ou par volonté d'amalgame avec d'autres adversaires : on le trouve associé avec le FMI, l'OMC, l'Union européenne, et d'autres choses sans rapport, selon des libéraux, avec le « vrai » libéralisme, qui repose d'abord sur le droit imprescriptible de l'individu face à toute organisation collective ou étatique (selon la trilogie liberté, propriété et responsabilité).
D'autres libéraux ajouteront (sans forcément emporter l'adhésion) que la notion même d'ultra est absurde en ce qui les concerne, car contrairement aux collectivismes, le libéralisme n'est ni partisan ni conflictuel, et qu'il n'a donc pas à faire avancer des intérêts particuliers avec plus ou moins de vigueur."
Que retire-t-on de tout cela ? Que le terme est bien uneépithète péjorative utilisé aussi bien par les étatiste de gauche que de droite pour qualifier une politique libérale.
Personne ne se réclamme de l' "ultra-libéralisme". Il n'existe aucun programme "ultra-libéral". Il existe des libéraux de diverses tendances qui défendent des programmes libéraux.
"...le libéralisme n'est pas une pensée politique mais économique..."
Le libéralisme est un courant de pensée, ou un ensemble de courants de pensée visant à faire reconnaître la primauté de l'individu.
Sur le plan politique, le libéralisme ne cherche pas à déterminer qui doit détenir le pouvoir : il fixe des limites à l'autorité politique, les moyens qu'elle peut ou ne peut pas utiliser. Cela a d'abord été une réponse à l'absolutisme des régimes de droit divin qui octroyait tous les pouvoirs aux monarques; par la suite, même la démocratie a vu émerger des structures politiques qui pouvaient aussi restreindre les prérogatives individuelles. Le libéralisme politique est consécutivement la doctrine politique visant à limiter les pouvoirs de l'État pour ramener celui-ci à la protection des droits et libertés individuelles.
Sur le plan économique le libéralisme économique donne une grande place au principe de propriété individuelle et s'oppose aux pouvoirs qui perturbent le libre jeu de la concurrence. C'est tout autant l'étatisme ou l'État-providence qui instaurent des barrières au commerce, que la constitution de conglomérats ou ententes industriels qui acquièrent une position hégémonique sur le marché.
Les valeurs libérales sont la liberté individuelle, la créativité individuelle, la responsabilité individuelle, l'indépendance personnelle, le respect des droits individuels, etc. On définit souvent le libéralisme par ses quelques principes, que l'on retrouve dans la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen.
La liberté individuelle est définie de manière négative comme l'absence de contrainte exercée par les autres individus, ou de façon positive comme le droit d'agir sans contrainte dans la limite des droits légitimes des autres.
La propriété est le droit pour l'individu de jouir du fruit de son activité, des richesses qu'il crée, et d'en disposer à sa guise, y compris en excluant autrui de leur usage. La propriété commence d'abord par le droit à la vie et la propriété de son corps. Les droits de sûreté et de résistance à l'oppression sont des conséquences du principe de propriété.
La responsabilité, inséparable de la liberté et de la propriété, rend l'individu responsable à l'égard des autres des conséquences de ses actions, bonnes ou mauvaises (quand elles lèsent autrui dans ses droits).
Ces droits, selon les libéraux, ne découlent pas d'une définition législative, ce sont des droits inhérents à la nature humaine et dont la légitimité est supérieure à toute loi. Le libéralisme économique n'en est qu'une conséquence directe, depuis le "laissez faire, laissez passer", mot d'ordre des physiocrates français au 18e siècle en faveur de la libre circulation des biens et des marchandises, jusqu'à l'école autrichienne d'économie au 20e siècle.
L'éthique libérale découle des droits naturels, elle se ramène au principe de non-agression : ne pas voler autrui, ne pas utiliser la coercition ou la violence envers autrui, sauf pour se défendre d'une agression. C'est donc une éthique de tolérance, contraire au relativisme moral du collectivisme (selon lequel la fin justifie les moyens ou l'intérêt général doit prévaloir sur les options individuelles).
Ecrit par : Lucilio | 20.05.2006
"...aux USA , le même mot ne désigne pas la même réalité politique..."
De fait, aux États-Unis, le terme "liberal" (sans accent donc) désigne la gauche. Les libéraux, comme on l'entend en Europe, se dénomment "libertarians".
Ecrit par : Lucilio | 20.05.2006
"Je me demande d'ailleurs comment il se fait que ce mot est une signafication différente en Europe et aux States."
Au début du 20e siècle, le liberal party anglais, au pouvoir, avait dérivé vers de plus en plus d'étatisme, et de moins en moins de libéralisme. Ce changement de cap fut entériné dans les années '20, où le très étatiste Keynes se réclama comme liberal en rejetant explicitement la tradition de pensée libérale. Dans les années '50, pour éviter le maccarthysme, les socialistes américains se sont massivement réclamés comme "liberal", en reprenant la tradition keynésienne. Le mot "liberal", aux États-Unis en étant venu à dire "socialiste", les libéraux américains (au sens original du terme) ont repris à leur compte le mot "libertarian", qui aux États-Unis n'avait pas la connotation de gauche qu'il a en Europe. Le mot "libertarian" s'est depuis implanté en Grande-Bretagne.
Ecrit par : Lucilio | 20.05.2006
bonjour les gens
Ecrit par : Pia | 02.06.2006
bonjou!
Ecrit par : roi bourdieusien | 03.06.2006
Les commentaires sont fermés.